Temple d'Ourouk et son ziggourat en pierre, avec le fossé
Photo Université de Chicago
L'architecture
La culture néolithique d'Obeïd perdure pendant près d'un millénaire puis se métamorphose. Les fouilles d'Eridou et de Tell el-Oueili permettent de saisir ses premiers signes d'évolution aux environs de la fin du V e millénaire. Auparavant uniforme, l'architecture commence à se différencier. De grandes bâtisses à plan tripartite, qui pourraient être des temples, sont érigées. De même, d'importantes terrasses en brique sont réalisées, ouvrages probablement destinés à un usage collectif. Même si ces changements demeurent limités, ils traduisent vraisemblablement la naissance d'une hiérarchisation sociale au sein de ces premières communautés villageoises de la basse Mésopotamie.
L'urbanisation
Au début du IVe millénaire, l'ampleur du changement est telle que les archéologues n'hésitent pas à y voir le point de départ d'une nouvelle étape culturelle. Celle-ci, baptisée époque d'Ourouk (3750-3150), prolonge et accentue la tendance précédente à l'urbanisation et confirme le passage graduel de la communauté domestique à une organisation sociale plus complexe. Les villages, auparavant de dimensions réduites, prennent peu à peu l'allure d'importantes agglomérations.
La culture matérielle, telle qu'elle nous est connue depuis les fouilles du site d'Ourouk, révèle d'incontestables marques d'évolution. Ainsi, sur tous les sites du Sud mésopotamien, la céramique peinte de l'époque d'Obeïd cède la place à une production monochrome d'écuelles réalisées à la main à partir de moules qui en permettent la fabrication en série.
En architecture, l'évolution amorcée à l'époque précédente semble s'accentuer. Sur le site d'Ourouk, on a découvert les ruines de grands bâtiments dépassant parfois 70 m de long et qui semblent dériver des structures tripartites de la culture d'Obeïd. Leurs façades agrémentées de saillants et de rentrants portent des décors mosaïqués. De nouvelles techniques architecturales font leur apparition: on emploie ainsi le parpaing, sorte de brique à base de gypse. On utilise des mortiers et l'on confectionne des mosaïques murales à partir de cônes d'argile ou de pierre.
La conception de l'espace bâti obéit désormais à des règles précises de planification. Le périmètre urbain est souvent inscrit dans des remparts en brique crue, l'habitat est plus dense et mieux ordonné. En correspondance avec cet aménagement de l'espace, la société elle-même commence à se hiérarchiser.
Organisation sociale et gestion des ressources
Dans l'iconographie des sceaux-cylindres apparaît alors un personnage barbu et coiffé d'un diadème, figurant tantôt un guerrier terrassant ses ennemis, tantôt un ministre du culte.
Les archéologues y voient le chef unique de la cité, une sorte de «roi-prêtre». C'est alors que se développent de véritables méthodes de gestion. Ainsi, en prélude à l'écriture, des calculi, jetons en terre cuite, sont utilisés à des fins comptables.
La métallurgie, autre témoin de la vitalité de la basse Mésopotamie, connaît également de notables améliorations. Les artisans s'essaient aux premiers alliages volontaires et, outre le cuivre importé de la péninsule d'Oman, ils utilisent le plomb, l'argent et l'or. De la même façon, l'innovation gagne l'agriculture. Vers l'Ourouk récent (3'500-3'100), on adopte un araire-semoir, dont l'utilisation vise vraisemblablement à augmenter les surfaces.











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